Un shoot d’air pur !


Le mal aigu des montagnes est bien connu des trekkeurs : l'air étant moins dense en haute altitude, chaque inspiration fait pénétrer moins de molécules d'oxygène dans le sang.
Mais normalement, après quelques jours d'acclimatation, l'organisme compense ce déficit en     produisant plus de globules rouges.

Je n’avais jamais réellement ressenti l’effet de l’altitude jusqu’à mon voyage au Ladakh, en Inde Himalayenne.
L’arrivée en avion à Leh (« capitale » du Ladakh située à 3.500m d’altitude) est déjà en soi épique : l’avion se pose littéralement entre deux montagnes, à l’atterrissage on a l’impression que l’aile va toucher la colline voisine où est perché le monastère de Spituk.
Pour les curieux, voici la vidéo de cet atterrissage :



Dès que je mets un pied sur le tarmac du petit aéroport, je suis envahie par une étrange sensation dans le corps, comme légèrement sonnée et en même temps euphorique. Bien sûr, il y a aussi la fatigue du voyage et l’excitation d’enfin découvrir ces paysages et cette culture tant rêvée au travers des récits de voyage, mais bon croyez-moi le manque d’oxygène produit aussi ses effets !


Notre guide, le jeune Tenzin nous accueille et nous conduit à travers les rues poussiéreuses de Leh jusqu’au quartier verdoyant des guest-houses. Là nous entrons dans la guesthouse qui nous accueille et la maitresse de maison nous invite, avant toute chose, à déguster un thé.
Il est 6h du matin et nous nous retrouvons donc assis en tailleur dans le salon de la guest-house où vivent ensemble trois générations. A nos côtés, le grand père récite ses mantras en faisant tourner le moulin de prières. Le thé noir très sucré est infusé avec de la cannelle et de la cardamome.
Ambiance sereine… on est si bien qu’on pourrait rester assis comme cela des heures.




Les prochains jours seront consacrés à la visite des nombreux temples et monastères de la région car avant d’effectuer le trek qui nous attend, il faut laisser le corps s’habituer au manque d’oxygène afin qu’il produise plus de globules rouges.
Mais le premier jour il est même recommandé de faire le moins possible d’efforts, et je sombre dans cet engourdissement bienheureux, une douce sensation où l’esprit est enthousiaste et le corps comme ralenti… bref, un vrai shoot d’air pur !


Le lendemain, pour tester notre forme nous montons le Shanti Stupa, un énorme chorten érigé en haut d’une colline qui domine Leh. La montée est édifiante car j’ai l’impression d’avoir 80 ans ! Je monte les marches une à une en m’arrêtant pour reprendre mon souffle toutes les 3 minutes… Les passants me sourient avec connivence, du genre « ah oui, vous venez d’arriver vous ?! ». S’il s’agit d’une mise en jambe pour le trek, je suis prévenue ! Heureusement, tout rentrera dans l’ordre après trois jours de repos.

En haut de la colline, la vue est superbe, le soleil se couche derrière les nuages et les pics qui culminent à plus de 7.000m. En face, le monastère de Leh est perché sur un petit éperon rocheux, perdu dans le paysage. C’est juste sublime… et là ce n’est pas le cerveau en manque d’oxygène qui parle, mais le cœur !



Mes bons plans :
Green Villa Guest House - une guesthouse familiale très accueillante, on s'y sent comme chez soi ! Parfait pour aborder la culture locale car on vit dans la même maison que la famille, on peut également y diner de repas traditionnels tibétains (végétariens).

Agence de voyage : pour ce voyage au Ladakh nous avons fait confiance à l’agence locale Exotic Ladakh dont le gérant parle un excellent français. Une agence très pro trekking que je recommande.

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